Des choux, des trous qui fument, du désert et des polaires!!

Vous avez été secoués, bringuebalés, effrayés, parcimonieusement mais consciencieusement secoués dans notre dernier épisode, mes pauvres petits canards ?

Pour nous faire pardonner, voici un peu de calme.

De la contemplation dans de l’air pur et frais.

Et juste ce qu’il vous faut d’aventure pour vous garder en vie.

Bromo, où nous sommes arrivés, le 3 mars à 9 heures du matin, sur les chapeaux de roues après un dernier coup de frein qui a vu notre minibus s’arrêter dans un nuage de poussière et sur une musique apothéotique d’Ennio Morricone.

Puis, rien.

Bromo.

Un petit village, au sommet d’une montagne. Une montagne abrupte mais douce. La vie semble s’y faire au ralenti.

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Et s’y faire à temps partiel, dans des températures avoisinant celles que vous vivez en ce moment dans le massif central. Entre 10 et 15 degrés. ET je suis optimiste. Pour ceux qui vivent dans le massif central.

A temps partiel car en fin de matinée, les nuages, éparpillés par le lever du soleil, s’aperçoivent qu’ils sont en force, et réintègrent le sommet.

Et selon leur humeur du matin dispensent un doux crachin pénétrant ou une pluie diluvienne.

Le décor ?

Des plantations de choux bien gras à perte de vue…

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…et de ça et de là, des paysans qui paysannent.

En prenant leur temps.

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D’ailleurs ici on est obligé de prendre son temps. La route et les chemins qui morcellent Bromo sont très abrupts et rocailleux, on ne peut donc pas trop y faire un footing.

Et c’est tant mieux, ce n’est pas l’objet de notre visite ici.

Car en dehors des choux et du climat inhabituel en Indonésie, ce qui caractérise Bromo c’est Bromo. Son homonyme de volcan.

Bromo, le village est au bord d’un énorme cratère de volcan éteint dont le diamètre doit être approximativement de six kilomètres.

Et au centre de celui-ci : un autre, plus modeste mais de belle tenue.

Et éteint également.

Ok me direz-vous, un petit volcan éteint dans un grand volcan éteint, c’est joli sûrement, mais en quoi cela valait-il la peine de risquer ses os et de choper une pneumonie ?

Et vous auriez le droit de vous poser la question.

Pour répondre à cela, d’abord, parce que c’est bigrement joli. Et impressionnant. Et à la limite du réél.

Il y a une autre raison.

Deux en fait.

Mais trêve de suspens. C’est beau, ça c’est acquis.

Et cela peut le devenir encore plus.

Pour cela, il faut se coucher tôt, être courageux, mettre à la benne tout reste de l’adolescent qui sommeil en chacun de nous, une paire de chaussure de marche, une polaire, un coupe-vent de qualité (merci Schoëffel !), une lampe torche et un réveil.

Car demain matin, à l’heure où les boulangers préparent leur pain.

A l’heure où le métro parisien dort encore.

A l’heure ou comme tous les samedis soirs, lorsque le DJ du Macumba de Juan les pins lancera les slow de fin de soirée, Anne-So se rendra compte qu’elle finira encore la nuit seule.

A quatre heure trente, nous, nous partirons, bon pieds, bon œil à la conquête d’une beauté locale.

Une heure de marche dans le noir. Suivis par une française égarée.

Sur une route de montagne défoncées, humide des trombes d’eau de la nuit.

Nous marcherons, la route se transformant lentement en piste rocailleuse, de plus en plus abrupte.

Et glissante.

Au loin, le soleil signale qu’’il ne va pas tarder à se montrer dans sa splendeur brûlante.

Les derniers mètres sont durs. Mais la vie réapparait – si je peux dire car la brume est à couper au ciseau à bois – sous forme de chevaux menus accompagnés par leurs propriétaires. Qui nous proposent, moyennant rétribution de nous faire parcourir les derniers mètres.

Puis sous forme d’un bivouac, point relais où certains aventuriers arrivés ici en Jeep peuvent se remettre de leur effort, se restaurer et se réhydrater.

Une bonne dizaine de ces Jeeps, souvenirs émouvants des années soixante-dix, jalonnent le chemin.

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Présence rassurante, nous ne nous sommes pas perdus.

Allez quelques dizaines de mètres encore. Au péril de nos muscles qui tétanisent et de nos poumons qui manquent d’oxygène.

Et nous voilà arrivés.

Dans un nuage dense et blanc.

Au loin le soleil nous nargue, puis dans un sursaut qu’il a acquis après plusieurs millions d’années d’entrainement, il pointe son nez.

Et là, Mesdames et Messieurs, attention, ça va commencer!!

La magie opère.

Les rayons du soleil balaient le nuage qui nous enveloppe, et face à nous une dizaine de touristes, appareils photo sur trépied, nous apparait.

Confusément dans un premier temps.

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Nous sommes hauts, très hauts. Plus hauts qu’une heure auparavant de 300 mètres.

Les dernières bribes de brume filent chassées comme des malpropres.

Le soleil à retrouvé ses droits, et nous offre un spectacle qui nous laissera émus comme des jouvencelles un soir de bal de communiantes.

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Nous surplombons le cratère géant, au milieu duquel trône le volcan éteint, cerné par une mer de sables gris et noirs. Le tout entouré par des flancs montagneux verts et gras qui servent d’écrin de chlorophylle à cette vision de toute beauté.

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Le lever du soleil sur Bromo, l’une des deux raison de risquer ses os et une pneumonie ?

Oui.

Il est six heures désormais, rentrons, à pied bien sûr, au village, en continuant à en prendre plein la gueule tellement nos yeux de parisiens blasés ne sont pas habitués à cette lumière douce et vivante, à ce ciel d’une pureté qu’on se croirait dans un film romantique nippon.

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Bref les mots me manquent, mais sachez bougres de vous que c’est super chouette.

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Et plus si affinité.

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D’ailleurs si vous êtes déçus, je vous rembourse.

Et je vous en remet une pour la peine:

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Puis partons maintenant pour la deuxième raison de risquer ses os et une pneumonie.

La surprise du chef que certains d’entre vous, perspicaces comme des gardons, ont peut-être déjà devinée

Oui ? Non ? Allez, faites un effort. Secouez-moi un peu vos méninges.

Mais pas trop fort vous allez vous déconnecter l’oreille interne !

Bon alors, continuons.

En gardant nos chaussures de marche aux arpions. On ne sait jamais.

Et après avoir pris de la hauteur quelques heures auparavant, descendons dans le cratère, et foulons de nos chaussures, homologuées par la NASA, le sol gris et noir sablonneux nous mènera après une autre bonne heure de marche dans un paysage lunaire (dixit les dépliants de l’office du tourisme local), au pied d’un volcan éteint.

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Où sommeille un temple Hindouiste qui n’est pas une bonne raison de risquer ses os et une pneumonie.

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Et à côté duquel fume, par intermittence et de façon irrégulière, le volcan Bromo.

Le vrai, pas son frère assoupi.

Car oui je vous ai bien eu facétieux que je suis.

Le volcan éteint, à part qu’il fait joli, on s’en tamponne allègrement les roupettes !

Il manque de conversation.

Un peu comme une fleur en pot et ne vaut en aucun cas de risquer ses os et une pneumonie.

Non le volcan Bromo, certes, moins photogénique, dégage un je-ne-sais-quoi qui interpelle.

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Est-ce ce nuage de fumée ?

Cette persistante odeur de souffre ?

Son côté vivant ? (les grands spécialistes  de volcans – appelés volcanistes (moment culture, et encore une fois c’est cadeau) – diraient en activité, mais ça manque de grandeur)

La possibilité qu’il nous pète à la figure qui nous émoustille ?

Je ne sais pas, montons, nous verrons bien.

A son pied, des locaux veulent nous vendre des bouquets de fleurs à jeter dedans en offrande, pour qu’il n’érupte pas. Pas besoin, j’ai ma femme si jamais ça devait tourner mal.

Il a ri.

Alors gravissons ce monstre fumant. Escaladons les 6436 marches abruptes qui nous mèneront à la porte des enfers.

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Crachons encore un peu plus les créations maléfiques de ce salaud de Jean Nicot.

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Et contemplons une dernière fois le paysage surnaturel qui nous entoure, dernier contact avec le monde des vivants.

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Non celui-là:

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Et faisons face au monstre sulfureux qui déjà nous pique les yeux.

C’est un gros cratère.

Je ne suis pas un spécialiste en cratères, mais il me semble de bonne taille.

En deux parties, à la façon d’un entonnoir.

D’abord une pente presque régulière sur tout le tour (façon entonnoir géant).

Puis un gouffre vertical, dont on ne voit pas le fond (façon entonnoir un peu spécial).

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Tout autour, un petit chemin permet aux plus audacieux d’en faire le tour.

Il faut du temps car, je le rappelle pour ceux qui on sauté le passage précédent concernant la taille de ce cratère : il est de belle taille.

Comme nous sommes des aventuriers sans fleurs ni proches, nous partons en longeant le bord du gouffre.

A gauche une centaine de mètre de dénivelé, mais ça va.

A droite la même chose mais avec un gouffre fumant dont on ne peut pas voir le fond.

Nous serions des fillettes, nous aurions un peu les miquettes.

Mais on y va.

Et c’est parti, les premiers cent centimètres sont impressionnants !

Plus de rambarde de sécurité, et cet œil jaune (oui parce que le souffre ça fait des trucs jaunes) qui nous regarde.

Après cent vingt centimètre de marche prudente, ma douce aimée s’arrête. C’est vrai que le paysage est magnifique !!

Ça la rend toute blême d’émotion.

Et un peu tétanisée.

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Comme quoi la beauté peut provoquer des émotions incontrôlables.

Soit, je la laisse savourer les lieux et m’en vais faire mon kéké sur la corniche surplombant le trou qui fume.

Pose pour la photo…

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…et reviens récupérer ma femme qui n’a pas bougé d’un centimètre, perdue qu’elle était dans la magie du panorama.

Et puis, nous repartons, heureux d’avoir vécu cela, d’autant qu’aucun de nos os n’est brisé, et que la pneumonie ce ne sera pas pour cette fois.

Il est 9h45. Le ciel se couvre, allons petit déjeuner et finir notre nuit !

Puis redescendre à fond les ballons dans la vallée – où nous attendent quelques dégrés supplémentaires – en surfant sur les champs de choux.

Et nous nous retrouverons bientôt pour une nouvelle aventure, culturelle celle-ci.

Je vous bise les copains, pensez à vous brosser les dents trois fois par jour et mangez des fruits.

PS : le village de Bromo ne s’appelle pas Bromo en vrai, mais a un nom à coucher dehors que je ne vais pas vous retranscrire ici. Parce que j’ai la flemme.

PS2 : Vous aurez noté bien sûr que face à la beauté contemplative des lieux, je vous ai évité les anecdotes culinaires ou taxidermistes qui auraient souillé ce moment de pure osmose avec la nature

PS3 : Mais pour les maman-poules oui les pères-pélicans que ça inquiète, oui on a mangé du riz.

PS4 : et bien sûr du chou.

PS5: Vous avez vu, on vous a mis plein de photos, comme ça même si vous êtes dans le froid à bosser comme des pauvres hères, vous voyagez un peu quand-même…

Alors, ça valait le coup ou pas de risquer nos os et une pneumonie??

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Une réponse à “Des choux, des trous qui fument, du désert et des polaires!!

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