Corruption de fonctionnaire, organisation métaphysique et sauvetage impossible

Vieng Chian, ou Vientiane…

Mardi dernier, après avoir bravement évité la gueule de bois, subséquente à l’introduction de notre précédent épisode, nous avions une mission.

Le statut de sans-papier est rigolo, mais ne nous colle pas trop à la peau, alors que le rythme et le look oui.

Aussi, pleins d’élan à l’idée de recouvrer nos passeports constellés de tampons bizarres et variés (33 à ce jour), nous programmons avec le savoir-faire qui nous caractérise de nous rendre à l’ambassade d’Inde qui les garde en otages depuis 15 jours.

Hélas piétons (je ne me lasserais jamais de m’en plaindre, vous serez prévenus), mais toujours futés comme des sapins, nous faisons un bref calcul : Il nous faut aller à l’ambassade certes mais également à la gare routière pour quitter le Laos (ou Lao pour ceux qui suivent notre cinématographie de luxe, que vous trouverez, émerveillés: ICI) le lendemain.

Le calcul est simple, un Tuk-Tuk  pour la gare, puis un pour l’ambassade et retour de l’ambassade représente 120.OOO Kips (12€ car il faut 10.000 Kips pour un €uro, je dis ça pour ceux qui ont fait lettre au lycée, les autres auront calculé ça tout seuls, comme des grands).

Alors que louer une mob pour une ou deux heures coûte 30.000 Kips (là je vous laisse calculer, même ceux qui ont suivi la voie littéraire).

Donc nous optons pour ?

Oui la mob, symbole de notre liberté hélas perdue (vous étiez prévenus), est bien plus intéressante.

Alors, allons. Un tour à la gare routière, le temps de déchiffrer les panneaux…

En vrai c'est facile à comprendre

En vrai c’est facile à comprendre

… et direction l’ambassade.

Sauf que…

La police nous arrête.

Dans notre euphorie (de liberté retrouvée) j’ai coupé une ligne blanche. Le policier, très gentil, très patient, et maitrisant très bien sa langue, mais aucune autre nous explique longuement en Lao ce que nous avons fait de mal, puis lorsque nous comprenons, nous explique la procédure à suivre.

Et pendant ce temps, le créneau horaire  d’une heure pour récupérer notre passeport se réduit.

Il sort un papier, écrit en Lao, que nous devons remplir, puis alors qu’il garde mon permis de conduire nous devons nous rendre au commissariat de police, payer l’amende (100.000 Kips) et revenir avec le justificatif pour récupérer le permis.

Et pendant ce temps, le créneau horaire pour récupérer notre passeport se réduit dangereusement. Le temps de faire l’aller-retour, nous l’aurions dans l’os pour le passeport.

Ce fut l’occasion de tester quelque chose de nouveau : la corruption de fonctionnaire.

Après avoir essayé d’expliquer -infructueusement- que là c’est pas trop le moment, mais qu’on peut revenir dans une heure et régler tout ça, que le policier nous sourit gentiment en faisant le signe qu’il est ok mais garde le permis, Claire, pour ne pas la citer, tente quelque chose.

Elle sort un billet de 10$ et le tend au gars.

Celui-ci interloqué mais l’œil gourmand regarde son chef. Qui désigne discrètement le bureau. Sur lequel nous posons le bifton. Qu’il couvre d’un plan de la ville. Pendant que son collègue nous rend le permis de conduire.

S’ensuit un salut très respectueux des deux parties en présence, beaucoup de sourire et nous décarrons.

Corruption de fonctionnaire : fait ! C’était pas dur.

Et dire que cela fait sept mois et plus de 9000 kilomètres que nous roulons. Juste à temps hein?

Direction l’ambassade.

Où étrangement, tout est en règle. Récupérons nos passeports, munis d’un très joli visa chacun, et rentrons à la gueshouse.

Pour supporter les délires paranoïaque de Blaise, un garçon charmant, mais fort consommateur de drogues diverses.

Blaise à une quarantaine de pige, atteint d’une hépatite C, boit comme un trou et est fortement drogué à ce qui se trouve de plus costaud sur le marché (héroïne, cocaïne, opium…. Et plein d’autres choses). Il voyage depuis plusieurs mois, et se soigne.

Qu’il dit. Ce soir là, il m’a expliqué que des français – une dizaine – le harcèlent dans la guesthouse, de jour comme de nuit, parce qu’il se serait séparé d’une méchante fille 3 années auparavant. Le tout avec le regard vide et le visage en sueur. Il s’en fout, il a des noms, il va couper le doigt à un ou deux de ces vilains garçons pour leur faire comprendre.

Voilà quelques semaines, que malgré les avis unanimes qui lui sont donnés, il repousse pour différentes raisons vaseuses d’aller en cure dans un monastère Thaïlandais qui lui ferait pourtant le plus grand bien. Il risque fort de mal finir ce garçon, le Mékong est profond pour ceux qui ne savent pas se tenir au Laos. Ou ailleurs.

Bref, voici un autre exemple de personnage que le voyage nous amène à côtoyer. Y’a plus rigolo, mais c’est comme ça, la vie n’est heureusement pas un long fleuve tranquille.

Il suffit de regarder une dernière fois le Mékong boueux pour s’en rendre compte.

Reprenons. Demain, mardi 17 juillet nous devons quitter Vientiane, pour rallier la Thaïlande pour notre épisode « La Thaïlande 3, le retour du retour ».

Une réponse à “Corruption de fonctionnaire, organisation métaphysique et sauvetage impossible

  1. Pingback: Ce n’est pas la fin, c’est le début de quelque chose d’autre. | Sommes-nous seuls sur terre ?·

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s