Voyager en deux roues en Asie du Sud-Est ?

Ca y est, vous y êtes. Vous avez économisé assez d’argent pour pouvoir découvrir l’Asie du Sud-Est.

Si vous êtes comme nous, vous n’avez pas beaucoup d’économies malgré tout pour un voyage de cette ampleur. Cela dépend du temps qui vous est imparti. Peut-être vous donnez-vous 3 mois, 6 mois, un an.

Personnellement, nous sommes partis avec un montant total de 12000€ pour 11 mois. Et c’est suffisant pour apprécier un voyage dans cette région.

Mais nous avions un peu d’argent de côté pour faire de ce voyage une expérience un peu plus mémorable : Voyager en deux roues motorisées.

Et si l’expérience vous tente, nous allons vous dire tout ce que vous devez savoir pour que tout se passe bien, du moins mieux que pour nous.

Déjà, quels sont les avantages de ce type de transport ?

Il y en a beaucoup. Car l’Asie du Sud-Est abrite la plus grande concentration de scooters et motos au kilomètre carré au monde. Tous se déplacent en deux roues. Les enfants comme leurs grands parents évoluent dans un environnement où Honda et Yamaha sont les rois absolus.

Nos mobs chéries. Elles ne payent pas de mine, mais nous avons parcouru 9500 km avec.

Nos mobs chéries. Elles ne payent pas de mine, mais nous avons parcouru 9500 km avec.

Détaillons un peu :

–          D’abord, d’un point de vue financier, l’achat d’une mob d’occasion est très peu onéreux pour nous, occidentaux. Cela varie beaucoup d’un pays à l’autre, et c’est proportionnel à la qualité des pièces mécaniques. Sachez qu’une Honda dans un pays ne sera pas de la même qualité que la même mob dans un autre pays.

–          L’essence est naturellement à prendre en compte dans votre budget. Mais tous ces véhicules consomment très, très peu, aux alentours de 1,5 litres au 100.

–          Lorsqu’il est temps de passer chez le garagiste, là aussi vous n’aurez pas à débourser grand-chose. Une vidange tourne autour des 3€, un changement de garnitures de frein environ 2,5€, une nouvelle chaine 2€, main d’œuvre comprise. Même lorsque votre moteur commence à rendre l’âme, un changement de piston vous reviendra à 30€, et c’est bien le plus cher que vous aurez à payer.

Tout cela nous a amené à une conclusion simple : Lorsque vous voyagez en moto, dans la plupart des pays, cela vous revient moins cher que de voyager en bus ou en train, sachant qu’il vous faut ajouter à cela les transports locaux (tuk-tuk et compagnie).

–          D’un point de vue pratique, son propre véhicule offre des possibilités sans limites en matière de liberté. Lorsque vous voyagez d’un point A à un point B en transport en commun, ne vous est-il jamais arrivé de passer devant une crique, une vallée, ou un village choupet en vous disant que vous vous seriez bien arrêtés là si vous aviez eu connaissance de l’endroit ? Avec votre véhicule, c’est vous qui décidez où, au hasard de la route. Et ça, croyez-nous, ça change largement la donne en matière de voyage. Fini les circuits à touristes dictés par le Lonely Planet. Là où il vous semble faire bon vivre, vous vous arrêtez.

Perceval et Karadoc à la plage

Perceval et Karadoc à la plage

–          Ce qui mène à des rencontres de locaux hors normes. N’oubliez pas qu’ils sont tous nés sur la selle d’une mob. Lorsqu’ils vous verront voyager de la sorte, vous leur serez tout de suite plus sympathiques que les hordes de touristes qui descendent des mini vans en direction de Ko Phi Phi. Certains se prendront au jeu et vous dessineront même des itinéraires en rêvant que ce sont eux qui voyagent. Vous arriverez dans des endroits où aucun blanc n’a jamais mis les pieds et où les enfants s’agglutineront autour de vous pour être sûrs que ce n’est pas une entourloupe. Vous vous rapprocherez largement plus des explorateurs du début du siècle dernier, concept qui s’est perdu aujourd’hui.

Jouer aux cartes en mangeant du cochon et en buvant de l'alcool artisanal sur le bord d'une route ? C'est possible.

Jouer aux cartes en mangeant du cochon et en buvant de l’alcool artisanal sur le bord d’une route ? C’est possible.

–          Dans certaines zones, les transports en communs ont un réseau très réduit. Cela ne vous arrêtera pas et vous pourrez vivre comme partout ailleurs des expériences formidables.

–          Finies, les attentes interminables dans les gares routières, les retards à n’en plus finir, les 23h de voyage en bus, la fatigue permanente car vous n’avez pas eu le temps de récupérer de votre dernier voyage en bus il y a deux jours, vous voyagez de façon régulière. La nuit, vous êtes dans une chambre quoi qu’il arrive, pas dans un soi-disant bus VIP avec des sièges qui s’inclinent à 45°, transits de froid car la clim est à fond et impossible de la baisser, et réveillés toutes les 30 minutes par le chauffeur qui met de la musique pour s’empêcher de s’endormir.

–          Puisque tout le monde a une mob, les infrastructures suivent. Ainsi, vous aurez parfois votre propre voie séparée des voitures par un parapet. Et ça c’est la class.

Mais naturellement, certains paramètres sont à prendre en compte et ne correspondront pas à vos attentes, en particulier si votre séjour est trop court. Parlons des inconvénients.

–          Si vous ne faites pas 16 heures de bus car vous vous déplacez en moto, vous ne ferez pas 16 heures de moto d’affilée, croyez-nous. Impossible. D’autant plus si vous avez choisi de petites mobs qui ne sont pas conçues pour la route longue distance. Un maximum de 200 km par étape est une bonne moyenne. Personnellement, nous tournions même autour des 150km par étape. Bien sur, il nous est arrivé de faire plus. Notre record a été 240 km dans la journée. Mais après un tel trajet, alors que vous êtes partis le matin vers 10h et que vous arrivez à 19h30 après vous être perdu dans Bangkok pendant deux heures, que vous avez eu chaud, que vous avez dû être concentrés sur la route et ses protagonistes et que vous avez évité de mourir 4 fois, il n’y a plus qu’une seule chose qui compte pour vous : Un lit. De ce fait, puisque vous voyagez doucement, vous avez besoin de temps devant vous.

–          Il vous faudra un sens de la débrouillardise et de l’improvisation assez développé (mais qui se développe au fur et à mesure) et un bons sens de l’orientation pour retrouver votre chemin dans les grandes villes telles que Kuala Lumpur ou Bangkok. Un conseil : Fiez-vous au soleil, il vous indiquera les points cardinaux.

–          Dans certaines régions, la conduite peut être dangereuse et vous aurez souvent l’impression de jouer à un jeu vidéo en tentant d’éviter les camions, les chiens, les piétons et les autres véhicules qui arrivent en sens inverse. Si vous n’êtes pas habitués à conduire un deux roues, je vous conseille de l’acheter dans un endroit tranquille et peu peuplé, de façon à vous habituer à la bestiole.

–          Vous êtes en mob : Vous êtes la proie idéale des policiers corrompus de certains pays qui n’hésiteront pas à vous arrêter et vous demander de l’argent pour une raison qui vous échappe. Faites semblant de ne pas comprendre (ce qui est un peu le cas) et ils vous laisseront partir.

–          Certains pays ont des règlementations strictes concernant l’importation temporaire de véhicule. Cela demande parfois de l’organisation, de la patience et du sang froid. Mais on vous en parlera plus tard.

–          J’en rajoute une couche : Vous ne pourrez pas prendre votre avion à Bangkok si vous êtes à Angkor la veille. Il fallait vous y prendre avant. Et qu’allez-vous faire de votre mob ?

–          Ce qui nous amène au principal inconvénient : La revente. Vous êtes blanc, vous l’achèterez certainement un peu plus cher que les autres. Vous êtes blanc, vous la revendrez certainement un peu moins chère que les autres. Et si vous ne voulez pas perdre trop d’argent, il vous faudra là aussi y consacrer un peu de temps. Sachez également que vous ferez votre itinéraire en fonction de la revente de votre mob. Par exemple, vous ne pourrez pas la revendre en Thaïlande si elle n’est pas immatriculée en Thaïlande. Mais nous en reparlerons également.

Alors pourquoi pas une location ? C’est ce que tous les locaux nous demandaient à chaque fois qu’on leur racontait nos déboires frontaliers.

Cela ne concerne que vous. Mais les raisons étaient simples :

Nous ne faisons pas un tour. Nous ne repartions pas du même endroit par lequel nous étions arrivés. Donc impossible de rapporter l’engin.

Les éventuelles réparations sont à vos frais. C’est de l’argent perdu. Comme de louer un appart au lieu de l’acheter et de payer des traites.

L’argent dépensé dans l’achat vous reviendra forcément au moment de la vente, même si vous la vendez moins cher que vous l’avez achetée. Et au final, plus vous restez longtemps avec votre mob, plus c’est avantageux de l’acheter.

On est bien d’accord là-dessus ? Ca vous branche d’acheter une moto en Asie du Sud-Est ? Alors très bien, passons aux choses sérieuses. Les détails techniques et administratifs.

19-Yeah

 

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