Qu’est-ce qu’on mange ?

Lorsqu’un Français en voyage rencontre un autre Français en voyage, la discussion commence comme pour n’importe quelle nationalité du monde.

« Tu es parti depuis combien de temps ? »

« Tu es allé où ? »

« Tu vas où ? »

« Moi, je suis allé là-bas, c’était super. »

Mais étrangement, et ça ne loupe que rarement, au bout de maximum 20 minutes, une question tout à fait Française fait son apparition. Et à ce sujet, les deux Français savent que sur ce point, ils peuvent se faire confiance, que leur avis est d’or, et qu’ils sauront exactement à quoi s’attendre en posant LA question et en obtenant LA réponse.

Et la nourriture, là-bas, c’est comment ?

Et c'est très bon !

C’est très bon !

Ah, voilà. La culture franchouillarde. Notre raison de nous lever le matin. Les croissants, le café, les salades composées avec du magret confi, les entrecôtes et leurs sauces au poivre ou aux champignons, le foie gras, le vin, les charlottes au chocolat, la baguette, j’en passe et très probablement des meilleurs.

C’est vrai que c’est difficile pour un Français qui aime manger de retrouver ses repères gastronomiques lorsqu’il est à 10 000 km de chez lui. A plus forte raison lorsque cela fait plusieurs mois. Tout à coup, un Français (moi) pourrait tuer une vache pour lui découper son entrecôte et se la faire griller au barbecue (bleue). Tout à coup, il se met à pleurer lorsqu’il passe devant une boulangerie qui ressemble un peu plus aux nôtres et aperçoit ce qui pourrait ressembler à un pain au chocolat. Le camembert, le brie, le roquefort, le conté, tous les fromages, même le Caprice des dieux hante ses rêves.  Car oui, nous sommes Français, certains pourraient même dire que nous avons une identité nationale, et cette culture commune à tous les Français, c’est la bonne bouffe !

A présent, quelques conseils généraux lorsque vous voyagez en Asie du Sud-Est et que vous êtes comme nous touristes pauvres.

Alors, qu'est-ce qu'on va manger... ?

Alors, qu’est-ce qu’on va manger… ?

Il est très facile de manger pour pas grand-chose. Un repas à deux vous coûtera entre un et cinq euro suivant l’endroit dans lequel vous vous trouvez.

Ce qui ne veut pas dire que tous les restaurants que vous croiserez seront bon marché, attention. Il nous semble judicieux de vous faire une liste des caractéristiques que doivent ou ne doivent pas comporter les établissements dans lesquels vous mettrez les pieds pour vous sustenter.

Vous n’avez pas beaucoup d’argent et vous avez faim ? Cherchez-donc :

– Les échoppes de rue. Elles sont partout autour des marchés centraux la journée, et sur les bords de la rivière locale ou de la mer  à la tombée de la nuit. Vous pourrez aussi bien y trouver des plats cuisinés en sauce, des brochettes, des soupes, du maïs grillé, du poulet croustillant…

Stand-de-rue

Cependant, la plupart d’entre elles n’ont pas d’endroit pour permettre aux clients de manger sur place. Prévoyez donc un endroit de repli. La guesthouse dans laquelle vous vous trouvez propose peut-être un lieu commun avec tables et chaises ? Les bords de la rivière ou de la mer sont aménagés pour pouvoir s’asseoir ? Vous aimez manger au lit ? Ensuite, ça dépend de vous.

Stand-Ambulant

Sachez également que ces échoppes peuvent se trouver partout, qu’il n’est pas rare même qu’elles changent d’endroit dans la journée (stand sur roulettes), et que cela vous permet donc de manger à n’importe quelle heure de la journée et ainsi avoir vos propres horaires de repas personnalisés.

Brochettes

– Les marchés. Pas dans tous, mais dans certains pays, c’est une habitude que tous les locaux ont pris. Vous êtes ainsi sûrs que les produits sont frais et que vous ne paierez pas grand-chose. Le souci, c’est lorsque la partie restauration du marché se trouve en plein milieu, sous les tôles ondulées du toit, qu’il est 13h30 et qu’il fait 45°C dehors…

Restau-Marché Tables-marché

– Les petits restaurants reculés. Ils sont en général assez simples à repérer, ils possèdent tous une pancarte sur leur devanture faisant de la pub pour la boisson locale (en général bière dans les pays bouddhistes et boisson énergisante dans les pays musulmans). Il y en a absolument partout. L’inconvénient, c’est que la plupart du temps leur menu (s’il y en a un) n’est pas écrit en Anglais, et que vous n’avez pas l’assurance absolue que votre repas ne vous reviendra pas cher. Cela dit, lorsque la note est (un peu) salée, vous remarquerez que vous aurez vraiment bien mangé.

Bagdad-café Restaurant-local

Vous n’avez pas beaucoup d’argent et vous avez faim ? Fuyez :

– Les cafés où il est écrit en toutes lettres « Café », dont la terrasse ombragée dispense un peu de fraicheur, composés de tables et de chaises en rotin ou en tek, d’agréables coussins, de lampions bobo, qui proposent le wifi gratuitement et qui diffusent de la Bossa Nova. C’est sympa, mais vous n’aurez pas de quoi vous payer un coca.

Ce café est trop cher pour vous ? Faites-vous plaisir et buvez juste un coup !

Ce café est trop cher pour vous ? Faites-vous plaisir et buvez juste un coup !

– Les bars hyper branchés qui vous servent des tapas et des burgers hauts comme trois pommes (ce qui est énorme pour un burger, vous en conviendrez).

– Les restaurants qui ont l’air d’être locaux mais qui sont trop bien situés pour pratiquer des prix locaux. D’autant plus que pour ces derniers, la qualité de la nourriture ne sera pas toujours au rendez-vous. Et encore moins la quantité.

Ensuite, suivant comment vous vous êtes débrouillés pour gérer votre budget du jour, peut-être aurez-vous envie de succomber à la tentation et vous taper un énorme burger, une pizza ou que sais-je ?

Sachez que la plupart du temps, les prix demandés pour ces produits, qui seront toujours inférieurs aux prix Français mais bien plus que 5€ pour deux pizzas, ne sont pas proportionnels à leur qualité. Vous n’êtes pas en Italie ou aux Etats Unis, certains peuples ne savent pas faire de pâte à pizza digne de ce nom, n’ont pas les ingrédients suffisants pour la faire correctement, et vous vous retrouverez au bout du compte un peu abusé, comme une jeune fille ramassée dans un bar, séduite, puis marchant le lendemain matin dans la rue, se demandant comment elle en est arrivé là, et si tout cela valait bien la peine.

Western-food

Il vous faudra donc suivre ces règles d’or pour manger un bon repas occidental :

– Etre dans une grande ville touristique. De préférence une capitale.

– Trouver le quartier occidental. Qui n’est pas nécessairement le quartier touristique. Le quartier où les expatriés sortent, en somme. Les expats savent où se trouve la qualité.

– Observer le menu du restaurant. S’il y a des photos qui n’ont pas l’air d’avoir été volées à Google, c’est mieux. S’il y a des gens en terrasse qui mangent, observez leurs assiettes.

– Eviter tant que faire se peut les villes nouvellement touristiques où les jeunes viennent faire la fête. En général, cela veut dire mauvaise qualité.

Il vous faudra aussi savoir une chose, valable d’autant plus pour les restaurants locaux dans les villes moins importantes, voire pas touristiques du tout : Les Asiatiques dînent tôt. Parfois même très tôt. Si vous êtes un Espagnol dans l’âme, il faudra donc vous faire à l’idée de dîner à 19h dernier délai, car après tout sera fermé. Un conseil : Commencez à chercher un restaurant au moment où la nuit tombe. Vous aurez par la suite tout le temps de siroter une bière en apéro.

Nous aurons le temps de développer la question de la nourriture pays par pays par la suite, mais je voulais tout de même vous faire saliver un peu en vous parlant de ce qui est commun à toute l’Asie du Sud-Est : Les fruits.

Le fruit du milieu ? Des pommes. Oui, oui.

Le fruit du milieu ? Des pommes. Oui, oui.

Je ne vous (et me) ferai pas l’offense de vous parler de toutes les bonnes vitamines, la vitalité, la jeunesse, c’est bon pour la peau, vous êtes une femme épanouie et trop bonne qui croque la vie comme des fruits tropicaux, bref, je ne vais pas faire ma journaliste de chez Elle ou Femme actuelle, mais pour le coup, nos pommes, nos pêches, nos poires et nos abricots font pâle figure à côté de ce qu’ils peuvent déguster à tout moment de la journée et de la nuit. Sachez qu’au niveau prix, ce dernier peut varier du simple au double suivant les pays et l’endroit dans lequel vous les achetez. Un kilo de mangues acheté sur la plage à Bali ne coûtera pas du tout le même prix qu’un kilo acheté au marché de Ban Lung. Vous ne connaissez pas Ban Lung ? C’est justement pour ça que les mangues y sont moins chères.

Passons en revue les fruits exotiques que vous rencontrerez durant vos pérégrinations. Sachez que la plupart son saisonniers, et que suivant les pays, vous ne les rencontrerez pas toujours au même endroit au même moment. Mais ils sont tous présents dans ces pays.

– La noix de coco. Tout la monde connait, j’imagine. Elles n’ont pas du tout la même apparence que celles que l’on trouve à Carrefour à 10€ pièce. Ici, les cocotiers poussent comme de la mauvaise herbe et les noix de coco n’ont pas de saison pour tomber de leur arbre et vous assommer. Vous en trouverez partout, taillée différemment suivant le pays. On la déguste jeune, donc il faut d’abord boire le jus, puis un local débarquera avec sa machette pour vous l’ouvrir en deux en vous tendant une cuiller, et si vous êtes chanceux, il y aura assez de chair à l’intérieur pour vous taper un petit festin. Très diurétique, elle remplace à merveille l’eau quand la déshydratation nous guette. Une merveille de la nature que l’on peut trouver à moins de 50 centimes dans certaines contrées reculées.

Noix-de-coco

– La mangue. Hautement saisonnier, vous en trouverez des jaunes au gout de miel (véridique) et des vertes un peu plus dures. Au Cambodge et au Laos, ils sont friands d’une variété qui peut apparaître comme une mangue pas mûre tellement c’est du bois, assez acide, mais perso, j’adore ça.

Mangue

– L’ananas. Des gros, des tout petits, des verts, des jaunes, et partout, partout, partout, des vendeurs sur le bord des routes. Le bestseller de l’Asie du Sud Est.

ananas

A présent, passons à ceux que vous connaissez moins.

– Les Jack Fruits. Ils poussent par énormes grappes sur l’aisselle des arbres. Certains sont absolument gigantesques. La coque renferme des quartiers de fruits blanc-jaunes avec une grosse graine au milieu. Ca n’a pas un goût extraordinaire mais les locaux le cuisinent à toutes les sauces, sucré comme salé.

Jack-fruit

– Les Rambutans. Un genre de litchi, mais plus gros et plus poilu. Très joli, la chair est souvent moins juteuse que sa cousine, mais ça reste tout à fait appréciable.

Rambutan

– Les Salak (je viens d’apprendre de nom, j’appelais ça « couille en peau de serpent ») : Le plus drôle, c’est bien leur peau. L’intérieur n’a rien de folichon mais c’est assez bon.

Salak

– Les Langsat (pareil, je ne savais pas que ça s’appelait comme ça, je disais « petites couilles jaunes »). Nous ne sommes pas d’accord sur le goût avec Aurel. Je trouve personnellement que ça se rapproche de l’agrume, voire même d’un pamplemousse mais en plus doux. C’est très bon, sauf lorsque vous croquez la graine qui peut se loger dans chacun des quartiers : Vous avez tout à coup la bouche emplie d’une amertume à en vomir.

Langsat

– Les fruits du dragon. C’est très, très beau. Mais le goût n’est pas extraordinaire. Essayez, vous me direz ce que vous en pensez.

Fuit-du-dragon

– La Goyave et la Papaye. Vous connaissez ? Naturellement. Des classiques qui peuvent facilement être oubliés face à tant de concurrents.

Goyave-Papaye

Pardon ?? Je suis en train de faire une liste en disant que tous les fruits d’Asie du Sud-Est sont dégueu ?! Attendez, ça arrive.

– Le Sirsak. Ou Sour soap en Anglais. Je suis devenue droguée de ces fruits. Il y a une époque où si je n’avais pas mon sirsak dans la journée, j’étais prise de tremblements et de convulsions. C’est un goût difficile à décrire. C’est comme si vous mangiez un fruit mixé avec un yaourt.  Essayez les Sirsak Shakes au petit dej, vous ne serez pas déçus.

sirsak

– La Mangoustine. Une grande histoire d’amour. C’est un fruit extrêmement beau au goût subtil, juteux et parfumé. Le meilleur fruit du monde.

Mangoustine

– Les tamarins. Cela fait un peu penser à un fruit sec, dans sa coque comme un petit poids. Goût acide assez addictif.

Tamarin

Et last but not least, le fruit le plus populaire d’Asie du Sud-Est, que vous trouverez absolument partout, à toutes saisons dans les marchés, sur les bords des routes, dans les bus, transportés, ballotés dans des endroits improbables, le must have quand on voyage, le fruit interdit dans la plupart des hôtels et la plupart des transports en commun, qui possède son propre panneau d’interdiction comme Interdiction de fumer, le fruit dont 70% d’entre vous ne doivent même pas imaginer que cela existe mais qui est une véritable institution ici :

No-Durian

Le Durian.

Ils en bouffent à toutes les sauces. Ils en mettent dans les gâteaux, dans les glaces, dans les boissons, dans les thés, c’est incroyable. Tous ces peuples sont friands de durians comme nous sommes friands de pains au chocolat.

Durian

Malheureusement, la comparaison s’arrête là.

La première fois que nous y avons goûté, c’était en Malaisie. Ce gros fruit très pointu et lourd qui doit vous arracher le crâne s’il vous tombe dessus s’ouvre en deux et découvre des sortes de chapelets blancs compartimentés dans la coque. L’odeur est repérable à 4 kilomètres (d’où le panneau d’interdiction) et autant vous dire que ça ne sent pas le lilas. Le goût n’est pas bon, du moins selon nous, je ne vous mentirai pas. On a l’impression de manger de la purée d’oignon à moitié cuit, macéré dans du jus de chaussettes. Il parait que l’on s’y fait et qu’on apprend à l’aimer. Nous n’y avons plus touché depuis ce jour-là.

Stand-durian

Voilà le tour des fruits plus ou moins incongrus que vous trouverez au détour des ruelles que vous arpenterez. Reste plus qu’à vous faire votre idée.

Enfin, pour clore cette introduction, je voulais vous parler du plat universel dans toute l’Asie du Sud-Est, le plat que vous trouverez partout et à toute heure, le plat qui vous sauve un estomac et qui en plus est le plat le moins cher de toutes les cartes de restaurants :

Le fried rice. (Riz frit en Français)

Fried-rice

On pourrait aisément le comparer à du riz cantonnais.  Mais c’est un peu plus que ça. Enlevez les petits poids, mettez-y des petits oignons, ajoutez des morceaux de poulet, de porc, de bœuf ou de crevettes, des légumes coupés en dés… Et voilà, magie, vous n’avez plus faim pour les 7 heures à venir, d’autant plus si comme nous parfois, vous avez commandé un fried rice et que le serveur a débarqué avec un plateau de 4 kg de riz.

Dernier point général et non des moindres : Cela vous reviendra toujours moins cher de manger dans un restaurant local que de cuisiner vous-même. Alors oubliez vos wok, posez les pieds sous la table et apprêtez-vous à savourer ce que la mère de famille d’un village en bord de route est en train de vous préparer, ça va vous changer du jambon purée.

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