Poussons le bouchon Angkor un peu plus loin (et après on arrête)

C’était Angkor. Et franchement, c’est vrai que c’est beau. Nous avons toutefois regretté une chose : Ne pas pouvoir se payer un guide qui nous en aurait raconté de belles.

Cela dit, à ce que nous avons pu voir autour de nous, les guides ne laissent pas vraiment le temps à leurs touristes de s’imprégner de l’endroit. Sitôt son monologue terminé, il faut repartir vers d’autres aventures.

Cela nous aurait laissé un peu frustrés. Mais sans guide, nous l’avons été aussi. Alors quelle est la bonne solution ?

Chose farfelue à écouter lorsque vous vous promenez, libres tels des éperviers, dans les ruines, ce sont lesdits guides. Car ils parlent toutes les langues des touristes. Ainsi, vos oreilles se réjouiront d’entendre un Khmer parler japonais, chinois, allemand, italien, espagnol, coréen ou français, chose plutôt improbable dans le reste du pays.

Cependant, bien qu’Angkor ne soit pas vraiment un spot touristique de fou comme nous avons pu voir en Indonésie ou en Thaïlande, vous pouvez quand même vous taper le petit tour à dos d’éléphant, ou bien l’intégrale en hélicoptère, ou bien le lever de soleil sur Angkor Wat à bord d’une montgolfière, ou encore, mais cela reste à confirmer, vous promener en barque sur les lacs qui entourent les deux plus grands temples (nous avons vu des bateaux accostés à une rive mais pas un seul touriste dedans).

Le must do du moment top tendance ? La Montgolfière orange

Le must do du moment top tendance ? La Montgolfière orange

Ces alternatives ne sont bien évidemment réservées qu’aux personnes qui ont beaucoup d’argent ou bien qui ont économisé longuement pour se faire plaisir quelques heures. Nous ne sommes ni les uns ni les autres, préférant se faire plaisir plusieurs mois, donc nous n’avons rien fait de tout cela.

La dernière journée à Siem Reap a été consacrée à beaucoup glander car mine de rien, un tel tourisme fatigue.  Notre seule halte « touristique » dans tout ce glandage intensif vint du Landmines Museum.

C’est un musée, comme son nom l’indique, mais aussi une école et un centre d’accueil pour les victimes des mines. Eh oui, le Cambodge est le deuxième pays au monde à voir mourir ses enfants en sautant dans les champs mais pas par-dessus les moutons…

C’est vrai qu’il leur manquait ce détail pour parfaire le tableau.

Ici, un tout petit échantillon.

Ici, un tout petit échantillon.

Tout cela commença sérieusement durant la guerre du Vietnam. Les Viêt-Cong se réfugiaient au Cambodge pour avoir un peu de répit face au napalm, et cela n’a pas du tout plu aux amerloques. Ainsi, ils envoyèrent des centaines de milliers de mines et de bombes au Vietnam, mais oh, pardon, nous pensions que nous bombardions le Vietnam, pas le Cambodge. D’ailleurs, nous n’avons officiellement jamais bombardé le Cambodge. Les mines anti personnel ? Pas nous.

Non, cet obus n'a jamais vraiment existé. C'est encore une de ces théories du complot.

Non, cet obus n’a jamais vraiment existé. C’est encore une de ces théories du complot.

Ensuite, un coup d’Etat soutenu par les américains voit la frontière avec le Vietnam encore un peu plus minée qu’elle ne l’était déjà, guerre froide oblige. Une couche de plus, les mines tombent du ciel par milliers.

Puis vint le règne et la chute des Khmers Rouges. Pour ne pas qu’on les retrouve trop facilement, la team Pol-Pot s’est barricadée dans ses maisons luxe et a capitonné le tout avec des mines le long de la frontière avec la Thaïlande.

Voilà. Sachez qu’une mine est programmée pour vivre 150 ans. Ils ont encore le temps de sauter par accident.

Si vous avez perdu la vôtre, on vous offre cette notice pour faire fonctionner votre mine.

Si vous avez perdu la vôtre, on vous offre cette notice pour faire fonctionner votre mine.

Le désastre qui résulte de cette hystérie, c’est que des parents sont obligés d’interdire à leurs enfants d’aller jouer au foot derrière la maison. Que les champs ne sont pas cultivables. Et que régulièrement, en essayant de construire sa maison, il y a un Khmer qui perd une jambe dans le meilleur des cas.

Celle-ci n'est pas très bien cachée. Certaines sont enfouies sous 20cm et vous arrachent quand même la jambe.

Celle-ci n’est pas très bien cachée. Certaines sont enfouies sous 20cm et vous arrachent quand même la jambe.

Il y aurait encore au Cambodge entre 6 et 7 millions de bombes en attente qu’on leur marche dessus. Alors un enfant ex-Khmer Rouge à qui on a mis un AK-47 dans les mains à 10 ans s’est repenti de toutes les atrocités qu’il a vécues et fait vivre, et a monté sa fondation.

Le Landmines Museum.

Et il met ses compétences au profit des communautés en déminant tant qu’il peut.

Avec l’aide d’un ami paysan qui s’est mis à déminer sauvagement (avec une pince et un tournevis) lorsqu’il avait une vingtaine d’années.

Oui, parce que vous avez aussi des gens très pauvres qui tentent de déminer ce qu’ils trouvent pour pouvoir se faire un peu d’argent en revendant le métal.

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Ce musée est sur la route d’un temple éloigné.

Tout ce que vous donnez comme argent à ses employés (ticket d’entrée, souvenirs à la boutique…) part à la fondation pour scolariser les enfants amputés et déminer les tonnes d’explosifs qu’il reste.

Si un jour vous vous rendez au Cambodge, vous verrez à coup sûr, le long d’une route un panneau rouge décoré d’un crâne avec écrit dessous « Danger – Mines ».

C’était mon instant révolte. Si vous voulez en savoir plus, il faudra vous rendre sur le site du Landmines Museum.

Passons à des choses plus réjouissantes genre ça :

Sur la route du retour...

Sur la route du retour…

Le soir venu, nous avons eu la joie de partager moult bières avec Marco, notre voisin de chambre né en France et vivant depuis 15 ans en Inde. Il y fabrique des objets de cuir qu’il revend la saison venue à Goa, au marché de nuit. Ses affaires marchent très bien, mais le visa Indien étant capricieux, il lui est nécessaire de sortir d’Inde tous les six mois durant deux mois avant de pouvoir y rentrer à nouveau. Cette fois-ci, après une brève halte en Thaïlande, il a décidé d’aller voir Angkor.

Cette soirée fut des plus délicieuses autant du point de vue social que gustatif. L’alcool ayant fait son taf, c’est à 22h30 que nous décidons de regagner nos quartiers, c’est-à-dire notre lit, à qui je ne résistai pas longtemps, à peine plus de dix minutes, et m’endormis dans la fraîcheur de la nuit cambodgienne.

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