T’as pris de la drogue ?!

Gueule de bois…

Le départ de Takhek se fait doucement, le cerveau reposant sur une couche de coton, le tout enfermé dans une petite boite en bois cadenassée.  La seule chose qui nous (me) motive à sortir du lit, c’est l’idée de pouvoir s’enfourner un sandwich à la vache qui rit et aux œufs brouillés.

Ce que nous faisons, naturellement. Il ne faut jamais contredire les envies de gueules de bois.

Un coup de flemme ? Prenez le bus, votre mob sera sur le toit !

Un coup de flemme ? Prenez le bus, votre mob sera sur le toit !

On a dit tranquille !

On a dit tranquille !

Le réveil se fait donc vers 16h30, après 150 km de route droite sans pluie ou à peine, à Paksane.

Il n'est pas encore 16h30

Il n’est pas encore 16h30

Un fleuve qui sort de son lit (un peu comme nous)

Un fleuve qui sort de son lit (un peu comme nous)

Ah ! Ca faisait longtemps !

Si vous suivez bien nous nous sommes tapés :

Paksé

Paksong x2 (il y en a un autre qu’ils appellent Pakxong)

Et à présent Paksane.

La boue ocre, c'est la classe.

La boue ocre, c’est la classe.

Paksane, c’est une ville dans laquelle les voyageurs passent en bus mais ne s’arrêtent pas. Une ville de nationale.

Une ville comme on les aime, me direz-vous ?

Non, même pas.

Il est vrai que les centres-villes Laotiens sont moins attrayants que dans les autres pays.

Les marchés ne sont pas très fournis, à peine plus de 10 étals éparpillés dans un coin.

Eh oui, le Laos, c’est très pauvre.

Et je ne vois pas ce que le communisme aurait à voir là-dedans.

Donc Paksane sera notre étape avant Vientiane.

Ce soir-là, nous tombons sur un restau joliment décoré de lampions sous des arbres. Nous nous y installons pour faire une nouvelle expérience gustative exceptionnelle : Le barbecue Laotien.

Prenez une table, faites un trou dans le centre, mettez-y un foyer de charbon incandescent.

Prenez un genre de plat ressemblant étrangement à un chapeau mexicain et posez-le sur le foyer.

Coupez de la viande en petits morceau, apportez un bol de bouillon, des herbes aromatiques, des nouilles de riz et de la laitue.

Arrosez largement les bords du chapeau de bouillon et faites cuir vos végétaux et vos nouilles dedans.

La viande cuira sur le haut du chapeau à l’aide de saindoux.

C’était copieux et assez bon. Et nous avons eu l’impression de faire la cuisine pour la première fois depuis Kuala Lumpur, c’est-à-dire 3 mois.

Voilà, Paksane, c’est fini.

Partons donc pour Vientiane, capitale étrange du Laos.

Je vous laisse, je vais à Vientiane !

Je vous laisse, je vais à Vientiane !

Choquée que quelqu'un ait eu la prétention de voiloir me doubler

Choquée que quelqu’un ait eu la prétention de voiloir me doubler

Etrange car d’abord elle se situe sur le bord du Mékong, à quelques centaines de mètres de la Thaïlande.

Vientiane est donc une capitale frontalière.

Etrange également car nous avions déjà l’impression de nous promener en France mais là c’est flagrant : Boulangerie Le croissant d’or, restaurant La Terrasse, et des Français partout, partout, partout.

Des qui voyagent, des qui travaillent ici.

Des qui se sont expatriés depuis quelques mois.

Les panneaux des rues s’affichent en Français. Les maisons coloniales sont Françaises. Les vieux parlent Français.

On ne vous aura pas menti !

On ne vous aura pas menti !

Le Ricard se vend dans les supermarchés.

C’est une ville plutôt agréable, effectivement, et nous dégottons une guesthouse toute aussi agréable, dans la rue la plus touristique de la ville. Cela, naturellement intentionnellement.

80 000 la chambre double si ça intéresse des gens... C'est sympa

80 000 la chambre double si ça intéresse des gens… C’est sympa

C'est un peu partout pareil, donc serein

C’est un peu partout pareil, donc serein

Nous sommes à Vientiane aujourd’hui pour deux raisons :

1°) Vendre nos mobs (ou commencer à prospecter car nous avons encore un peu de route avant de les abandonner)

2°) Faire notre visa Indien.

Nous ne vous ferons donc pas rêver avec des escapades asiatiques et des paysages fabuleux. Le travail (c’est ainsi que nous appelons les contraintes administratives et pratiques depuis que nous sommes partis de Paris) nous appelle.

Sachez toutefois pour les gens que ça intéresse que faire son visa Indien à Vientiane est un capharnaüm administratif, qu’il faut d’abord imprimer un formulaire en ligne, apporter des pièces justificatives à l’ambassade qui se trouve très loin du centre, qu’il leur faut au minimum une semaine pour vous rendre votre passeport, mais que nous avons réussi à nous débarrasser de cette corvée en 2h30, ce qui relève du record.

Nous avons collé des affiches de vente pour Perceval et Karadoc  dans toutes les guesthouses du quartier, eu quelques touches intéressantes, puis nous sommes repartis de plus belle vers de nouvelles aventures.

Ce dont je voulais vous parler à présent est anecdotique, mais drôle.

En effet, le Ricard se vendant dans les supermarchés moins cher qu’en France, nous nous sommes jetés sur l’occasion de profiter de petits apéros sur la table devant la guesthouse.

Notre table-apéro

Notre table-apéro

C’est ainsi que chaque soir, les deux Français en mal de Sud de la France, se sont installés à cette table, offrant un verre à chaque personne qui s’arrêtait pour leur parler.

Nous avons donc rencontré trois allemands, un anglais, un gallois (qui ne veut pas être anglais), un Taiwanais, un congolais et…

… Et celui que nous appellerons avec beaucoup de tendresse: M. Con.

M. Con est Français (évidemment).

Il est très gentil, mais son nom en dit trop sur sa personnalité pour que vous puissiez l’ignorer plus longtemps.

Il est jeune, il voyage seul, et il se laisse porter par le courant de la vie.

Ses réflexions nous avaient déjà mis la puce à l’oreille quant à sa caractéristique, puis un soir, nous sortons fumer une clope à notre table / apéro où M. Con est déjà installé.

Il nous explique qu’il va devoir renter en France prématurément.

Inquiets, nous lui demandons pourquoi.

Parce qu’il fumait un pétard sur le bord du Mékong, à quelques mètres de là, et qu’un groupe de Laotiens qui ressemblaient à des policiers mais en fait peut-être non l’ont surpris et lui ont mis des menottes. Ensuite, ils lui ont expliqué que s’il ne voulait pas finir en prison immédiatement, il devait leur payer 10 millions de Kip d’amende, et ils le relâcheraient.

Il arrive à négocier 5 millions de Kip et s’en va faire le retrait, sous l’œil fugace des pseudos policiers.

– Et voilà, qu’il nous dit. Je viens de retirer 5000€ que j’ai donnés à des gens qui ressemblaient à des policiers. Je n’ai plus rien.

Aurel fronce les sourcils et refait le calcul :

– 5 millions de Kip, ça fait 500€, et non 5000, mon cher M. Con.

Cri de soulagement du jeune hippie. Il ne s’est fait arnaqué que de 500€ ?! Mais alors la vie est belle ! Il va pouvoir continuer à voyager comme si de rien n’était !

Donc c’est le genre d’arnaque que vous, futurs voyageurs, retrouverez dans toutes les capitales d’Asie du Sud-Est et dans toutes les villes réputées par les touristes pour « Faire la fête ».

Nos conseils ?

Deux choses l’une :

L’idéal est naturellement de se retenir de fumer des pétards dans ces endroits.  Vous êtes blancs, foufous, vous avez plus d’argent sur votre compte en banque que n’importe quel policier (si c’en est bien un) n’en verra dans sa vie. Naturellement, s’ils vous trouvent, ils ne vous louperont pas.

Si vraiment vous ne pouvez pas vous en empêcher, ne cédez pas à la pression. Gardez votre calme, et demandez à appeler votre ambassade. En général, rien que ce genre de phrase vous permet d’avoir un rabais de 80% sur l’amende initiale. S’ils persistent et signent, appelez effectivement votre ambassade qui vous expliquera quoi faire (en vous faisant la morale, certainement, mais au moins, vous n’aurez pas payé un pétard 500€).

Au Laos, l’amende officielle pour fumage de pétard sur la voie publique est de 60€ (600 000 Kip), après transfert dans la capitale, et obligation de quitter le Laos source : Voyage Forum donc à prendre avec des pincettes.

Et puis franchement, passer par ces états de stress pour un pétard, j’aurais tendance à dire que le jeu n’en vaut vraiment pas la bretelle…

Bref, merci M. Con de nous avoir bien fait poiler et à bientôt peut-être pour de nouvelles péripéties !

Il s’est avéré que oui !

Mais c’est une autre histoire.

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