Tiger Phone Card by Dengue Fever

Voilà, le Cambodge, c’est fini.

Sur la route entre Krong Koh Kong et Kampot. Des rizières, des hamacs, une bière

Sur la route entre Krong Koh Kong et Kampot. Des rizières, des hamacs, une bière

Il est probable que notre manque d’expérience du début ait joué dans la roue du temps passé dans chaque pays. Mais en quittant le Cambodge, j’ai ressenti une sorte d’injustice que nous avons nous-même provoquée.

Pourquoi avoir passé près de deux mois en Malaisie, un pays que nous n’avons pas porté dans notre cœur dès le début, qui nous a ennuyé, agacé, révolté, qui n’était pas du tout à l’image de ce que nous cherchions ? Pourquoi avons-nous passé deux mois en Malaisie et un petit mois au Cambodge ?

La Stupa de Samraong

La Stupa de Samraong

Je vais principalement parler pour ma part, parce que ce sont mes tripes qui sont dans ce pays. Mais je crois avoir compris qu’Aurel en est globalement au même point.

Sur le littoral au Sud, à côté de Kampot

Sur le littoral au Sud, à côté de Kampot

Il y a quelque chose de l’enfance là-bas. Quelque chose qui rappelle que l’on a été insouciant, que l’on vivait avec ce qu’on nous donnait, que le monde alentour n’était pas dangereux mais magique, et que si vous tombez, il y aura forcément quelqu’un pour vous relever et vous emmener à l’infirmerie.

Un chemin sur la route de Kampong Thom

Un chemin sur la route de Kampong Thom

Ce n’est pas quelque chose qui s’exerce à sens unique. C’est ainsi que nous nous sommes sentis durant ce mois, protégés, entourés d’une bienveillance omniprésente, mais c’est également ainsi que nous avons vu les Khmers vivre. Les enfants sont choyés comme rarement ailleurs. Ils ne sont pas pourris gâtés, leurs parents n’ont de toute façon pas les moyens. Cela ne veut pas non plus dire qu’ils leurs cèdent tout. Cela veut juste dire qu’ils sont sans cesse entourés de bisous, de caresses, d’attentions, de blagues qui feront de ces enfants les justes descendants des Khmers d’aujourd’hui.

Le marché de Tbaeng Meanchey

Le marché de Tbaeng Meanchey

Une nuit à Ban Lung, alors que nous avions recueilli ce chaton de dix jours qui avait été abandonné par les propriétaires au pied d’un arbre, je me suis réveillée pour vérifier s’il était toujours en vie. Je l’avais placé dans une petite panière rose que j’avais fourrée de coton. Il n’a pas bougé lorsque je l’ai touché une première fois. Puis je l’ai bousculé un peu plus fort et il s’est étiré de tout son long, en rentrant la tête dans le coton, comme font les chats qui dorment trop bien.

La Jetée sur le Mékong de Stung Treng

La Jetée sur le Mékong de Stung Treng

C’est exactement comme ça que je me suis sentie pendant un mois. Apaisée, en sécurité, un peu comme si j’avais 4 ans et que j’étais dans les bras de ma mère à l’heure du déjeuner et qu’elle me lisait une histoire.

Et puis il y a l’Histoire.

Les cranes de la stupa dans les killing fields de Phnom Penh

Les cranes de la stupa dans les killing fields de Phnom Penh

L’histoire d’un génocide de Cambodgiens par les Cambodgiens, l’histoire de meurtriers qui n’ont pas payé pour ce qu’ils ont fait, l’histoire de deux millions de morts qui n’ont peut-être pas trouvé de maison des esprits assez grande pour les héberger. Et la leçon qu’ils en ont tirée : Plus personne ne devra jamais avoir faim. Plus personne ne devra jamais être seul. Les enfants sont ce qu’il y a de plus important. La vie, la vie, la vie alors qu’ils se sont fait décimer.

Ca peut paraître évident. Mais réfléchissez aux pays qui ont vécu des histoires similaires, les leçons tirées n’ont pas toutes été les mêmes.

Coucher de soleil sur le Mékong à Kratie

Coucher de soleil sur le Mékong à Kratie

Ce fut un coup de foudre inattendu, passionné, une histoire d’amour qui vient de commencer et qui nous fait sourire lorsque l’on y repense, qui nous fait du bien parce qu’on sait qu’on l’a trouvé, il est là, ce pays qu’on cherchait depuis si longtemps.

Parmi les champs, une mob sur l'île à côté de Kampung Cham

Parmi les champs, une mob sur l’île à côté de Kampung Cham

A la revoyure.

Sur la route entre Takeo et Phnom Penh après le passage d'un camion

Sur la route entre Takeo et Phnom Penh après le passage d’un camion

4 réponses à “Tiger Phone Card by Dengue Fever

  1. Pingback: Un coup de Surin | Sommes-nous seuls sur terre ?·

  2. Pingback: Ce n’est pas la fin, c’est le début de quelque chose d’autre. | Sommes-nous seuls sur terre ?·

  3. Je tombe par hasard sur votre blog, depuis Clo & Clem qui nous ont repris tous les deux dans la catégorie « couple » des blogs voyage ; et par hasard sur votre article, car le mot « Cambodge » m’a fait de l’oeil : dans moins d’une semaine, nous serons là-bas.

    Premier voyage en Asie, 1 mois, « juste » pour le Cambodge.
    Beaucoup de gens nous disent que c’est « bête », de ne partir que dans ce pays, avec tout ce qu’il y a à voir en Asie. Oui, mais …

    Oui mais nous aimons prendre notre temps. Oui mais nous pensons qu’un pays presque 6 fois plus grands que le nôtre (Belgique) mérite du temps pour être vu. Oui mais nous pensons qu’il n’y a rien de mieux que de vivre « couleur locale » pour aller à la rencontre d’un pays et de sa population.

    Et là je tombe sur votre article et votre regret de n’avoir passé « que » 1 mois au Cambodge : cela me réconforte dans notre choix, et me donne encore plus envie de découvrir ce pays coup de coeur 😉

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